symphonie

15 décembre 2017

A la vie, sur Mahler, troisième par Abbado

« Ne nous voilons pas la face, dévoilons plutôt notre cul car, faire caca, oui, en d’autres termes chier un bon coup selon l’expression O combien populaire, ça calme les mœurs et soigne les cœurs ».

 

Je suis en prière dans le tombeau du monde. Aucun murmure de m’affecte. Le calme est résident permanent ou immigré légal, comme on voudra. Je ne peux que consentir à cette romance entre deux êtres tous chauds. Mais il y’a du silence. Oui, beaucoup, beaucoup de silence. C’est que la fanfare militaire est lointainement perdue ailleurs, dans les capitales. La mort semble avoir beaucoup d’existence en elle et la vie est plutôt pleureuse. Mais parfois, sortant du sentier, la vie demande à vivre un peu plus : la mort refuse ce passe-droit et la vie est comme qui dirait sans-papier, au contraire de l’immigré susmentionné. La vie retourne se cacher et se blottir dans un fourré. Mais elle n’est pas contente du tout : elle proteste grandement. Elle fait la gueule comme l’enfant privé de ses joujoux ou de ses amis par ses parents. Oui, exactement comme cela. Ah non ! Mais si ! Elle fait vraiment la gueule la vie, le sommeil trop tôt imposé ne vient pas (c’est logique puisque donc trop tôt imposé par les parents). Mais, au bout du compte, après quelques distractions capitalistico-libérales qui offrent tout si on a de l’argent, au cout du compte, la vie s’endort bon gré mal gré. Ses rêves ne sont rien, et c’est pour ça qu’ils bercent comme une mélodie, une belle illusion sortie d’une création humaine, comme une flûte traversière qui s’évade de l’orchestre à l’unisson, celui-ci continuant doucement, comme en sourdine. La vie toujours, toujours laissée sur le côté, ben oui, à cause qu’on dort comme dirait Coluche, à cause qu’on veut pas être dérangé en outre quand on dort.

La vie, qui est donc dormance comme les feuilles des arbres disparus en hiver, sauf à être persistantes (contraire de caduc en botanique), la vie se réveille soudain, énorme, gigantesque, pleine de grandeur pharaonique et impériale. Elle observe la mort et, loin de la pousser, la rejoint et se confond avec elle. Mais alors que va-t-il advenir de cette union kidi le monsieur ?

Eh bien, pour l’instant, advient un calme doux, comme une rencontre, un baiser chaud, puis même une joie intense, une mer qui, en pleine forme, veut déferler sur tous les bateaux et paquebots, et triompher en paradant : la fanfare militaire et la guerre avec s’installent ensemble.

Comme cela est malheureux chante la flûte souffreteuse, comme cela est triste dit-elle, elle qui veut des caresses, des pansements, des soins, du savoir, des bisous, des plaisirs, des richesses, de l’intellect’, des phrases, des notes, des mots, de la science, des bricolages maisons et des nettoyages de printemps pour laver les pièces dans ces dernières, et un bon coup d’aspirateur et un peu de linge dans la machine à laver, et un peu étendre ce linge après, enfin bon quoi, la flûte demande à la fois de la douceur et du dynamisme conquérants : or, c’est la jouissance qu’elle obtient et en grandes trombes hein, c’est pas de la graine de pissenlit, non, c’est une jouissance à mesure de vie et qui balaye cette fois, oui, cette fois, toute mort de la contrée, du pays et de l’univers entier. Une avalanche de vie comme un avalanche de neige, ou de boules de glaces, ou de barba papa, ou de que-se-sais-je-encore, une vraie extase qu’on dirait de l’eau-de-vie, de l’eau-de-pastis, de l’eau-de-fontaines. Ah ! la jouissance est bonne, la jouissance est douce, la jouissance est durable comme les piles duracelles, elle est convaincue, sûre d’elle-même comme une fière statue qui domine le large et l’azur bienheureux.


 

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13 décembre 2017

Sur le finale de la troisième de Mahler par Abbado

« Celui pour qui tout est ennuyeux ne connaît pas sa chance d’être laborieux comme un bon petit soldat du capitalisme médiatico-salarial ».

 

J’aime la paix dansante des airs de l’azur plein d’oxygène et de dioxyde de carbone mêlés. Oui, j’aime cette paix ailée qui nous emmitoufle dans ses ailes comme la femelle oiseau qu’elle est. Elle est si douce, cette pommade blanche (en été sur les plages, ou dans la salle de bain sur le tapis), elle est si douce cette étoile, si belle (stars wars peut d’ores et déjà aller se rhabiller), elle me porte et me soulève et m’élève (choses fondamentales, Calogero non ?), l’étoile seule dans la nuit, sans amour ni ami (dernières paroles de Tennessee de Johnny), l’étoile seule, le temps du poème, mais, voyons, ne déraisonnez point, elle a tant et tant à dire, tout ce qu’elle n’a jamais dit et, comme elle est muette, ça fait beaucoup, on lui a coupé le sifflet à cette fleur dans le ciel qui darde et tente d’éclairer avec toute sa maigre force perdue dans l’éther lointain. Et elle meurt, se résignant finalement. C’est humain de se résigner, très humain. Et l’étoile qui se résigne, ben, pour nous le montrer, elle plane et plane, on ne sait trop si elle bouge ou pas, difficile vraiment à dire, mais elle est heureuse de sa résignation on dirait, elle se gonfle même d’orgueil progressivement, en crescendo musical, puis en decrescendo (eh !! What did you expect, schweppes, ancienne pub largement plagiée par d’autres), et l’étoile donc stagne à nouveau, elle est contente, divinement contente de son repos gigantesque de plusieurs milliers d’années, divinement vous dis-je, oui, royalement, impérialement. Majestueux signe du ciel qui rend fous de bêtise les astrologues et érudits les hommes des découvertes comme Galilée ou je ne sais qui, Copernic, peut-être (et les autres ? Demande à Wiki et au dico’ !), royaume stagnant à volonté (frites à volonté ! Y’en aura pour tout le monde, venez ! C’est moi qui tient le stand !), et plein de force et d’amour, là voilà qui, jetant sa lumière en mourant, semble danser encore et encore, cette étoile torturée dès l’enfance trouve maintenant sa gloire et son illustre, phénoménal couronnement (de Poppée, pas de Popeye non, Poppée). Puis, fort de sa victoire, elle se rembrunit, et dort à nouveau, mais avec des rêves si aériens comme elle, si élevés comme elle, si embrasés comme sa poudre, si riant comme ses enfants (elle les porte sur un bras comme le chat tient son petit par les dents : n’est-ce pas beau cette façon de porter propre aux chats hein ? N’est-ce pas beau ?). L’étoile serait-elle soudainement aussi méchante que Dark Vador dans le film qu’on connaît ? On dirait. D’ailleurs elle a complétement disparue : trop méchante !

Une couvée de chiots naît en lieu et place de l’étoile morte. Ils sont mignons. Ils ont été biberonnés au lait maternel et c’est là qu’ils campent, un autre astre veille sur eux et leur mère.

Mais c’est encore l’astre qui parle. « Vous les chiens, dégagez de ma vue ! » leur dit-il. Au chiots il donne une bonne déculottée car ils ne méritent que ça, l’école c’est sur la terre, pas dans le ciel et ça, c’est fondamental aussi (à savoir).

L’astre est énorme, il a ressuscité : et c’est un sacré vainqueur ! Champion le gars ! Ses muscles sont énormes ! Son corps a une santé de fer ! Il se veut éternel ! Il crie, exulte, exalte, exauce, ex eaquo avec les cachalots à peine plus grands que lui ! Et avec les baleines ! Et avec les tous les mammifères les plus énormes de la terre rassemblés.

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