sonatepourpiano

17 novembre 2017

Sur le finale de la troisième de Mahler par Abbado ou : la vie, la mort et la maladie qui viendront, ça se travaille au présent.

« Cela ne me dérange pas de mourir dans deux mois, ni dans trois jours, ni même maintenant. Parce-que je sais ce qui console et ça n’a rien d’humain, non, c’est dans le monde des idées et vivre sans penser sa mort à la fois douce et affreuse, c’est être inconscient et dépendant à la vie, qui n’est rien d’autre que mouvements qui se répètent, beaux et harmonieux, si l’on peut».

 

Je suis désolé de tant d’opprobres lâchés sur moi, mais la culpabilité est belle. Un juge m’a déclaré libre mais ça m’a effrayé. J’eu préféré sentir l’amour du ciel bleu que le verdict pénitentiaire. J’eus préféré être sur un radeau des îles voguant perdu vers le large et voir ma vie s’éteindre gracieusement dans les tempêtes et en compagnie des poissons. J’eus préféré mourir au milieu d’une foule pleine de regards attendrissants sur moi et ma plongée en abîmes dans la mer sans fond. La tristesse est inouïe dans ce pays, même si l’on y est heureux et c’est cette ambivalence qui en fait la beauté, la richesse et c’est ce bleu mêlé au vert qui attire ici de nombreux touristes. La tour Eiffel à coté n’est qu’une allumette pas plus recherchée que le briquet. Oui, ce poème est triste, dévastateur, car un poème sans tristesse n’en a jamais été un. Un poème ne peut guère aspirer qu’à une pureté qu’il ne trouve pas toujours ou à un humour léger et inséré dans son époque, tels ceux de Prévert.

Mais là, nous sommes avec Mahler, et la peine est difficile à relever, il faut la regarder avec tendresse et beaucoup d’amicalité, ou bien avec un mépris bien macho car la peine est remplie d’effusions qu’on ne connaît point, d’ennui qu’on ne soupçonnait pas. On ne danse pas, on pense mondes fantastiques, mais le désastre doit continuer, pour s’habituer à lui afin qu’il ne nous désarme pas en permanence et nous prévienne de sa venue pour parer à sa hautaine haine, à sa frayeur gravée en tatouages, à ses hurlements de souffrance : la plaine des morts, les charniers de la guerre.

Je pleure tout mon saoul, c’est la maladie du Christ, c’est la maladie occidentale, chrétienne, messianique, la culpabilité qui nous encercle. Bref, c’est l’enfer christique comme d’autres se tapent l’enfer judaïque ou mahométan. La religion, c’est l’enfer donc.

Et, qu’on le veuille ou non, nous sommes quelques-uns à être condamnés à partir de là à cause, je le répète, des gouvernements, des nations et des pervers de la conscience ou du sexe (cherchez l’homme, cherchez la femme).

Mais, maintenant, ce sont les années 60 et 70 et on va pouvoir tirer ça au clair. Le rock, le jazz, Webern et les autres arrivent : ça tape dans tous les sens, c’est une véritable rédemption par la joie insouciante et gaie qui nous dévore par des tonnes d’orgasmes à avaler jusqu’à plus faim.

Plaine paisible et morne : ton rossignol est seul aujourd’hui dans la nuit. Il dort. Les parfums ne font pas frissonner sa narine (Rimbaud return, comme toujours). Le soleil dans la prairie va se lever pour faire des films de cul. Le soleil dans la prairie va se lever pour danser dans les bals. Il va se lever pour enfanter artificiellement des millions d’enfants qui ne vivront pas dieu merci. Ils ne vivront pas mais ils chanteront, aimeront, se soulèveront, danseront et crieront victoire, ils diront merci ! Merci ! Mon sexe et nos sexes vous bénissent, mon cul et vos culs vous félicitent, mon nez et vos nez sont des nez de sorciers, mon ventre et vos ventres sont plein de frites et de fines herbes, mon bras et vos bras sont plein de paniers à courses remplis de fruits et de légumes, quelle érection ! Bon dieu de dieu ! Voyez cette citadelle d’orgasmes et de félicité inépuisables ! Voyez comme tout résiste aux plus implacables malheurs !

 


 

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15 novembre 2017

Sur le premier mvmt de la symphonie héroïque de Beethoven Ludwig himself

Victoire ! Des nounours en chocolat avec des casques de militaires arrivent pour nous secourir ! Mais nous les mangeons, gourmands que nous sommes !

Allégresse qui s’élève tellement qu’une jument voudrait qu’on lui mette une verge, une vraie, entre ses pattes un peu molles, pour la faire rebondir et bondir à travers les prés, qu’elle puisse faire des courses de haies elle aussi, comme les chevaux mâles de messieurs !

Oui, car de grosses bites énormes arrivent comme autant d’arbres impérieux sur le « turf suburbain » (Rimbaud, las illuminaciones). Mais ces bites sont gentilles : elles n’ont pas été militarisées elles, au moins : même les slips qui les portent ou les caleçons au choix sont bourrés d’arc-en-ciel et de bijoux à t’en fourrer la chatte, si t’es une chatte (qui ronronne).

Quoi ! Allons bons, un peu de caractère que diable ! Mais pas trop quand même ! Mets-y de la noblesse dans ton harissa, Allah tout puissant (because impuissant, il bande plus, non je plaisante).

Voilà ! Nous entrons dans l’antre flamboyant, « dans ton temple glorieux, l’âme enivrée d’extases » (Schiller). Que de puissances impérieuses vous dis-je. Ça court et ça virevolte dans tous les sens. Mais non, ce ne sont pas des bombes. C’est démilitarisé j’te dis, ce sont des grains de semoule lancés pendant les heureux mariages entre bombes et bombasses. Mais non ! Bombes et bombasses dans le sens de canon ! Mais non ! Canon dans le sens de gens super beaux, intéressants et excitants. Vous avez remarqué comme le champ lexical de la pétasse relève de la guerre. On dit même « bombe atomique » pour parler d’une belle blonde. Alors ! J’ai t’y pas raison, moi le paysan de la Beauce ? J’ai t’y pas raison avec mon beau tracteur john deer aussi beau qu’une BMW classe verte (enfin bio quoi !).

Putain (non, pas putain c’est grossier). Mince ! Les énormes choses puissantes se sont rabougries et ont baissé de volume ! Il faut les relever ! Relevez les tours ! Relevez les Dieux ! Relevez les arbres ! Relevez les mers splendides !

On marche dans les tranchées, temps boueux, ciel écarlate comme nos blessures. Tenons le coup les gars ! N’allons pas piller les maisons, restons sages ! Ben oui quoi, nous, on veut des sucreries et des bonbons avec la boulangère et ses gros nibards ! Les nibards d’une femme, ça c’est de la puissance au féminin, petits ou gros, du moment que la bouille est adorable, moche ou pas on s’en fout, du moment que la personne est gentille, souriante, du moment qu’elle est elle-même, elle avance avec sa fierté pour royaume.

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La danse, art noble

Nous y viendrons tous, et, à ce moment-là, on pourra enfin se dire : « ah ! Quel régal, enfin du noir infini ! ». Ce sera notre mort délicieuse comme un yaourt aux fruits murs et qui éteindra la douleur d’avoir si inutilement vécu contre les gouvernements, les nations et leurs thuriféraires. Ce sera le vrai triomphe de la poésie française que les français maudissent sans jamais le dire. Ils crèveraient de devoir en lire trois pages puisqu’ils ne connaissent dans la souffrance que sa quotidienneté ou ses névroses familiales et communautaires.

Les comiques ne sont aucunement artistes, ils usurpent ce terme à mauvais escient : ils sont comiques et c’est tout autre chose. Obligation devrait leur être faite de nous conter à chaque entracte un morceau de vraie vie, de vraie musique, de vraie littérature.

Ceci dit, billevesée à part, il faut quand même écrire un poème pour diminuer les maux inhérents à ceux qui triment dans la vie. Savez-vous que le secteur de la santé est, parmi d’autres choses, menacé par l’actuel Président de droite ? Allez chez les vrais travailleurs, vous verrez leurs malheurs, leurs vrais malheurs et leurs revendications, leurs vraies revendications, et vous comprendrez ce qui est à la base de la révolte des classes moyennes précédant celle des classes plus laborieuses.

Ah ben mince ! Du coup ça suffit je trouve ! Plus envie d’écrire un poème. Demain peut-être. J’suis fatigué en fait. 2 H 34 du mat’ quand même !

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14 novembre 2017

Mort et maturité

Je reviens de chez le dentiste (visite de routine) : j'aurais pu y mourir que cela ne m'aurait pas du tout dérangé. A un moment, je me suis dit : "Nous ne sommes pas fait pour durer, les symphonies de Beethoven elles demeureront". Et cette pensée m'a soulagé du poids de l'exisence. Non, vraiment, j'ai gagné en maturité et en solidité morale. Pour la première fois, la mort m'a paru simplissime et presque agréable : je l'ai vue il me semble et je l'ai trouvée acceuillante, oui, douce et accueillante. Mais j'étais bien entouré. D'autres n'ont pas cette chance et meurent dans l'effroi.

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12 novembre 2017

Jeu facebook sur l'élaboration d'un texte

Dans le cadre d'un jeu facebook où les auteurs doivent expliquer leur démarche pas à pas dans l'élaboration d'un texte : 

 

Ce que m’évoque le dernier mouvement de la quatrième de Mahler (la musique de Mahler, uniquement ses mouvements lents, m’évoque toujours des idées nouvelles, des fois, j’attends un peu, mais l’idée apparaît toujours ou alors je la force un peu à venir si elle fait défaut).

Mais, après une virée dans ma cuisine, je reviens à word, car j’écris sur word (et vite, en mode secrétaire, car j’ai appris la méthode tip tap top – oui, ça s’appelait comme ça dans mon lycée, j’étais en commerce/comptabilité alors), et je décide de commencer à écrire sur le mouvement qui précède, soit le poco adagio de cette même quatrième symphonie de Mahler.

Alors voilà l’histoire :

Sonorité épurée, grâcieuse, qui semble planer dans les airs, ça commence par une référence au quintette vocal de Fidelio de Beethoven. Et là, donc, qu’écrire me demanderez-vous peut-être. Et bien pourquoi pas ceci :

Une joie lente et qui nous gagne lentement semble prendre la forme d’un chat qui veut qu’on le caresse, un chat roi qui réclame, comme toujours chez ces animaux, l’exclusivité sur le plaisir qui les fait aller dans la fantaisie de leurs demandes impérieuses de Reines ou de Rois. Donc, on le caresse, le chat, et il s’endort de tout son long sur notre corps esclave de lui. Les caresses montent et descendent longtemps. Soudain (et là, la musique devient triste, passe en mode mineur sans doute, donc mon écrit change pareillement), le chat entend que l’orage va pointer. Il dresse ses oreilles et devient attentif à tout autre chose : son plaisir et sa joie, le chat décide avec son souverain pouvoir de les remettre à plus tard. La musique redevient joyeuse. Puis noire à nouveau. Donc j’écris :

L’orage a bien éclaté, et le chat ne s’était pas trompé. Tout devient maussade dans les chaumières, les gens s’inquiètent, leurs yeux s’exorbitent à peu près comme s’exorbitent ceux de l’animal à la divine fourrure, arrêt car la musique s’arrête quasiment, puis devient joyeuse et entraînante : la peine ne fut que mirage et le chat baille et étire ses pattes comme un sportif ou une danseuse surentraînée qui fait le grand écart. Animal agile, nous le savons tous que le chat est agile. La fin de cette agilité signe son vieillissement déjà avancé, sa sénilité même.

Pourquoi faut-il que nous nous recueillions devant la vase du marécage perdu au milieu des froids bois nocturnes. Dans ces derniers, nous sommes la proie de tous les maux naturels des éléments qui nous pétrifient à nouveau de peur, comme une arme nucléaire qui se réveille. Dans ce bois nous vivons de grands tourments, nous ne sommes pas des bédouins du Sahara et la nature en terre tempérée, c’est une inspiratrice des légendes qui ont marqué certains, les frères Grimm, Perrault avant eux, la germanique, la scandinave, pas de mondes latins ici, sauf pour sauver le patrimoine du grand nord, car ce sont les latins chrétiens par ailleurs qui ont seuls su nous apporter un peu de ces légendes obscurs pour les faire connaître par écrit et les fixer, comme on a fixé par miracle l’Odyssée d’Homère l’aède aveugle, etc…

Je crois bien que nous pleurons à nouveau quelques belles larmes toutes mignonnes. Elles sont pleines de rêves et destinées aux temps futurs. Elles partent vers l’horizon lumineux, aussi lumineux que la fin du premier mouvement de la mer de Debussy.

Tutti musical plein de joie et de victoire sur la souffrance : Nous chantons et faisons résonner nos instruments dans la forêt luxuriante et riche, forêt que nous épousons et que nous chérissons jusqu’à nous unir et nous pacser éternellement avec elle, devant une biche qui porte l'écharpe tricolore, tel un maire invité à la noce pastorale. Et l’amour perdure pour ne jamais s’éteindre que lentement, noblement et en silence, car son tour est passé, comme chaque vie passe après avoir fait son tour.

Fin du poco adagio, début du dernier mouvement :

Je respire l’odeur de toute la nature en une seule aspiration de narine. J’ai l’amour pour vous et, puissiez-vous le saisir et qu’il reste à jamais en vous. Dormons ensemble, ma conquérante et ma guerrière, le lit où nous allons saccader est là, ne reste plus qu’à s’y engouffrer comme en une grotte luxueuse de lit à baldaquin où tout est permis pour combler les choses trop vastes par notre petitesse d’humains au deux petits cœurs noués avec ravissement. Et vous, votre pouls ! Toujours avide de battre ! Déçue, venez dans mes bras, vous faites un cauchemar, avez le sommeil agité (comme la musique qui s’agite, là, intensément, et puis se rendort), mais, au final, vous poussez un soupir et continuez sur un rêve plein de faste et de paix, vous dormez vraiment, calmement, comme si vous étiez étendue sur une plaine sous un très doux zéphyr d’été. Et vous aimez, et vous aimez, et vous le chantez dans votre cœur. Vous m’émouvez par votre douceur mêlée d’ardeur. Vous m’émouvez par votre indépendance et votre caractère, insondable. Vous n’existez pas dans la vraie vie, car je ne connais en ce bas monde ni homme ni femme sans défauts, et ça empirerait que ça ne m’étonnerait pas, mais, en tous les cas, qui que vous soyez, vous, vous êtes l’amour parfait pour moi.

Fin du dernier mouvement : il suffisait d’accompagner la musique en jouant avec ses propres mots !

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09 novembre 2017

Petit poème commencé avec Schubert, continué avec Beethov' (et ça se voit !)

Dans les champs, jouant au cerf-volant, c’était quand on était petits mais ça n’a jamais eu lieu. Bah ! Autant y croire maintenant. C’était aux fêtes foraines, c’était les auto-tamponneuses. Mais ça n’a pas duré. Pensez ! C’était si bête ! Et la barba papa encore plus !  Mais, aujourd’hui, ah !! On ne serait pas contre voir ça encore une fois. Car le temps s’échappe par tous les trous du temps et de l’air, comme le vent s’échappe lui aussi, comme autant de petits avions sans moteur ni diesel. Et oui, tout ça est vieux comme le temps, mais la douceur nous emmène toujours chez les bisounours : cherchez, cherchez, et c’est là que vous vous plairez, dans la consolation du sein maternel, où comme le disait une Grande Dame des Lumière, nous aurions pu mourir tranquillou, sans avoir à aller dans cette marée infâme qu’est la vie des ténèbres : la sévérité, le travail, et dieu sait si ces choses-là se portent bien de nos jours, oui, hélas, trop bien, le burn-out, les maladies en tous genre, et la décrépitude qui peut s’ensuivre. Mais, ah ! Cette prairie rêvée et jamais foulée, où le vent caresse les herbes, où le soleil et la pluie se disputent la place. Ah ! Ces rêves tendres et flottant qui nous donnent à chaque fois des sourires et des rires de bébés dans les berceaux qui regardent, là encore, les grands yeux de papa et maman, ah ! Oui, si l’on pouvait en rester là, ce serait doux comme la grâce schubertienne.

 

Et, devenu grand, on ferait de la gymnastique presque tout le temps. Mais en s’embrassant et en regardant le ciel.

Tu m’énerves ! Arrête de te rouler des joints ! Ce n’est plus de ton âge maintenant ! Arrête aussi de me regarder béatement, ou je vais rêver dans mon coin.

Je suis touché et ému de larmes pleine de joies. Ah ! L’on m’offre une sérénade, c’est le mouvement lent de l’Archiduc.

Et maintenant le final : il faut que je me gratte. Car un final de Beethoven, ça gratte sur tout le corps. D’ailleurs, je dois aller voir un dermato et les rendez-vous mettent des mois, voire des ans avant de poindre le nez. Scandaleux ! Je vais en parler à l’armée française, noble et grande institution dont je suis fier ! Oui, je veux un casque de marine d’ailleurs, et un d’ancien combattant de la grande guerre ! Oui, je veux aussi un maillot de bain pour faire les championnats olympiques de natation. Si ! Et une montagne à escalader ! Je veux qu’on me crève le cœur avec une lance d’amour et de paradis, et qu’on grave aussi des amours de chérubins sur les arbres des forêts et des villes et qu’on les prenne en photos ! Oui, j’exige ! Si ! Je commande le navire et l’aviation ferroviaire ! Je suis le roi et le tyran tous ensemble ! Il faut qu’on m’affrète une charrue et des bœufs, car je demande solennellement le retour de l’Ancien Régime, du servage et de la danse des cow-boys autour du feu dans le Far West. Oui, je veux une danse d’Indiens qui dure deux heures et une danse d’esquimaux juste après, et tout ça, devant ma tablée, c’est moi louis 14 et je déclare le retour à la poule au pot comme emblème national. Et, sinon, on pourrait donner des baffes aux dirigeants des pays voisins. Vous n’êtes pas d’accord ? J’en appelle au conseil du roi ! Mais ce poème est devenu un vrai cirque où l’on ne saurait gouverner sans subir l’opprobre. Puisqu’il en est ainsi, je démissionne ! Et mes prochaines assises extraordinaires, je les tiendrai sur la lune, bande de crétins monumentaux !

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08 novembre 2017

Sur les suites anglaises de Bach par Murray Perahia

Où se balade-t-on au juste ? Sur une gondole à Venise ? Ah ! Je ne savais point. Mais c’est agréable, même si cette ville n’est plus ce qu’elle était. Et là, nous sommes où ? Sous l’eau, toujours dans les canaux vénitiens ? Ah ! Et bien pourquoi pas ma foi. Faut bien être quelque part après tout. Par contre, sous l’eau, vaut mieux être poisson, because on peut plus respirer sinon. Ah ! Quoi ? T’as mis des branchies ? C’est bien, alors nage et, avec tes nageoires, vogue, vogue, voyage voyage comme disait desirless. Et c’est reparti, mais cet fois-ci sur un toboggan. Dans quel parc ? Et bien dans un parc à côté d’une école, et y’a les parents qui surveillent en discutant avec d’autres parents. Et nous ? Ben nous, on dévale le toboggan, jambes écartés et bras en l’air. On est des enfants quoi, on s’amuse. Ça vous pose un problème ? Oui ? Et bien soignez-vous dans ce cas.

Puis soudain, tout s’apaise et la nuit nous offre sa pleine lune des jours de novembre, seule lumière de vie semble nous dire cette musique triste. Il n’est plus question d’aller jouer. Sommes devenus vieux, avons pris quarante ans d’un seul coup. Ça fait mal au dos, à la vertèbre, bref, à tous les os du corps. On s’assoit lentement sur le canapé du salon pour se concentrer et se reposer. Reposer ses vieux os donc. Et profiter de la lune qui est le seul œil qui nous regarde, comme l’œuf dans la poêle. C’est toujours ça et, avec des frites, j’aime bien.  

C’est reparti, le mouvement se remet en marche et nous avec. Où sommes-nous cette-fois ? Dans le temps doux et beau. Un peu dormeur et rêveur. Un peu ronchon et boudeur.

Ce répit fut de courte durée. Voilà la grâce aux yeux bleus comme la mer des îles grecques. C’est sans caractère, étrangement, ça n’en cherche pas. Ça veut plutôt communier avec les anges qui semblent des volutes de fumée : c’est pour le moins étrange de se représenter les anges ainsi. C’est une caresse aussi sinon, tout le contraire de la ville de Sofia en Bulgarie, qui est une sacrée salope de ville de journalistes qui s’amusent plus qu’ils ne sont objectifs, ce qui devrait être passible de la loi. Donc, cette musique cherche tendrement un ange, dommage, je l’aurais voulu plus sexuelle.

Ah ! Voilà, le zizi arrive. Et il bande dur. Mais il est exigeant et ne se mettrait n’importe où pour rien au monde. Non, il veut le beurre et l’argent du beurre, le zizi. C’est un organe intelligent sans cerveau, et c’est pour ça qu’il nous a à tous les coups. Et on est comme des cons de ce simple fait, dès 12 13 ans. Mais, en tous les cas, ce zizi qui se balance de droite à gauche avant de trouver une cible qui ne viendra jamais, il est tout gentil et tout guilleret, il tente des trucs, pleins de trucs, et s’en amuse. Il est modeste aussi et ça, c’est étonnant, car un zizi, c’est toujours prêt à se mettre en position farouche et à courir pour mieux entrer en la maison et s’y installer bien au chaud. Je pense qu’il est plein de bonhommie ce zizi, faut le tenir en bride et lui mettre des joies dans les veines. Oui, plein de promesses doivent être faite au zizi, cet empereur un peu laid, il faut le chérir, le vénérer, l’acclamer. Ce sera plus pratique que d’en appeler à ces êtres invisibles que sont les anges et qui n’existent que dans l’esprit de ceux qui les ont créés et de ceux qui y croient dur comme fer. Mais, pour moi, c’est le zizi, qui, après un long temps de repos, mérite vraiment d’être dur comme du fer, de là naît le désir. Et après, ben, après, on peut toujours rêver et s’avouer vaincu. Le dynamisme de la vie est ailleurs, tout comme la vérité (rapport à la série X-FILES).

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05 novembre 2017

Et tout renaît au printemps

D’échecs en échecs, jusqu’à la débandade à peu près totale. Mais une débandade apaisée et qui appelle un autre monde, une autre lumière, une émotion nouvelle. L’amour est là, on le serre à pleine poigne, et il nous emmène sur son radeau de Robinson, lentement, pour quitter l’île comme on quitte le ventre de la mère à la naissance. On est porté par les courants des nuages qui filent là-haut dans le ciel bleu. Et nous jouissons d’un intense apaisement procuré par le repos tranquille et plein d’éveil et de lucidité pourtant. C’est parce-que sans doute nous faisons un beau rêve :

C’est un château du moyen-âge un peu lugubre qui nous sert de consolation, car notre époque est trop lumineuse, trop écranéeuse, trop smarthponéeuse, et donc, un peu de noir nous console, avec des araignées et des chauves-souris, et des greniers, et des escaliers qui craquent, et des fantômes traînant des chaînes au pied comme dans les contes fantastiques d’Oscar Wilde. Et soudain, la plénitude des caveaux s’offre à nous, avec ses morts-vivants et ses vampires dedans. Les vieilles superstitions, voilà ce qui fait rêver pour oublier le présent atroce et morne des jours qui défilent, voyez le cinéma contemporain, il est rempli de ces légendes anciennes et superstitieuses que le Siècle des Lumières s’est acharné à dénoncer.

Pour oublier, il y’a aussi les rencontres et les fêtes dans les villes chaleureuses, les possibilités de sorties diurnes ou nocturnes. Le travail est plus fait pour les peureux un peu faibles et traine-savates.

L’oubli des maux contemporains ainsi se savoure, et nous sommes dans ces paradis parallèles aux marées d’informations et de mots capitalistes, formatés. Et nous serons sévères et froids envers ces mots, car ils racontent (mal) la réalité des guerres, des exactions, des souffrances qu’on n’imaginait même pas exister, des bonheurs nouveaux qui nous étouffent parce qu’ils proviennent de la société de consommation et ne tranquillisent que les enfants et les ado qui ne grandissent jamais, jeunes éternels qui se masquent et se voilent d’ignorance besogneuse et facile. Mais enfin, c’est le monde beau et objectif que cela, et il faut l’accepter avec des yeux mi-clos, en faisant le distrait et en inclinant la tête par dépit.

Cependant, au sortir du rêve, il y’a des amitiés qui se font, lentes, progressives recommencées à tous les âges de la vie pour la recommencer mieux qu’elle n’a commencé, la renouveler mieux qu’elle n’était, et rares sont ceux qui n’en sont pas là aujourd’hui.

Je suis au milieu d’une prairie, dans mon esprit, et tout est calme et recueilli comme une conversation sensorielle et amoureuse. 

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