Au final, j’écris mal, je suis une « merde dans un bas de soie » et si encore y’avait un bas de soie ! Mais non, y’en n’a même pas, je suis plutôt un excrément dans la cuvette, oui, c’est tout à fait cela. Mais ça ne me dérange pas, je déteste l’idée d’être bon en écriture, j’aime les défauts, surtout quand je pratique mon art. Mauvais poète, c’est ça mon kiff, comme disent les jeunots. Je suis vieux, ou me sens vieux comme un Neanderthal, et ça n’est pas sans me déplaire. Car je ne conçois un point de départ en écriture que en me dévalorisant. J’ai d’ailleurs toujours voulu écrire un livre qui aurait eu pour titre « le livre de la dévalorisation », parce-que j’aime ça, oui ton beau cul je l’aime ma chérie, mais là je parlais de la dévalorisation : j’aime la dévalorisation. A condition qu’il y’ait son contraire avec, c’est-à-dire l’amusement. J’suis resté enfant et j’aime ça, oui, ton cul aussi ma chérie je l’aime. J’aimerai bien trouver une pâquerette dans ce champ : ah ! En voilà une ! Elle est si belle, je vais la ramener chez moi et dormir avec elle dans mon grand lit, c’est moins envahissant qu’un chat après tout. Il y’a des espadons sur le port en ce moment. Eux aussi je les trouve marrant et mignons. J’aimerais les mêmes en peluches, ça pique moins en plus.

Un bon petit Bach et au lit après.

Qu’est-ce qu’il fait le loupiot à rester planter là devant moi ? Tu pourrais laisser la place aux grandes personnes, malappris ! Il est con comme un brochet ce gamin, faut le guider comme l’enfant qu’il est sur la route de la vie tumultueuse. Eh ! Tu pourrais mieux arranger tes lacets : je t’ai appris quinze fois à les faire ! Y’aura pas de seizième ! Et le voilà t-y pas qu’il part comme un gougnafier sur la route de l’école. Il jongle avec des Carambars le morveux ! Quant à moi je m’amuse avec mon sifflet, il est tout plein de joie mon sifflet : à chaque fois que je souffle dedans, il s’excite comme une jument effrayée, faudrait que j’aille entraîner une équipe de foot. Mais dans les stades, ils courent tous comme des enragés ! Comment organiser tout ça. Non, je vais me mettre au frisbee finalement, avec Roger, ce sera plus sympa et moins contraignant. On sera deux lourdauds, deux graisseux du bide qui tenteront de faire suer la graisse et d’aérer les bronches et de soigner les artères. C’est une bonne idée ça, le frisbee, pour déboucher les artères. Et puis après la partie de sport, on prendra une soucoupe volante, on sera tous les deux, tels Laurel et Hardy, à chercher d’autres soucoupes ou des comètes, je sais pas. Mais ce sera super drôle en fait ! Car la soucoupe n’arrêtera pas de voler ! Des fois, elle aura une vitesse de marcheur lent et lourd, qui se pose des questions sur le repas du soir. Et, puis, quand la soucoupe aura atterri et qu’on en sortira, on sera tous gais, nous les deux potes et amis, tout enivrés du voyage lunaire et spatial, on en aura eu plein les yeux, il sera temps alors de penser à rentrer à la maisonnée pour dormir.

Avec mon Hardy, on se boira un bon apéro en se racontant des choses sur notre groupe de musique. Parce-que, avec lui, je ne l’ai pas dit, mais on a monté un groupe de musique irlandaise, moi flûte, lui violon. Et c’est doux, intelligent et gai que cette musique qui enivre les anglais, parfois, dans les pubs de Grande-Bretagne ou d’ailleurs.

Oui, avec mon Hardy, tout commence et se termine en musique. L’autre jour, il était en train de se démener sur la neuvième de Beethoven par Ferenc Fricsay, il se dodelinait des fesses, il agitait sa baguette, il remuait les jambes comme un diable. Une prouesse !

Moi je révisais ma partoche de flûte irlandaise pépère et peinard à côté. Ça volait cette musique, ça volait ! C’était une musique à danser mais pas seulement, à écouter pour jouir des oreilles aussi. Enfin, bref, notre groupe à mon Hardy et à moi, il fonctionnait bien et c’était good !