Bach : du sport, beaucoup de sport pour les neurones et les mains à la fois. Hein ? J’ai t-y pas raison when i say that ? Si, je pense.

Eh ! Pourquoi tu pleures petit ange ? T’as attrapé la grippe ? Ne pars pas au fond de la rue là-bas, tu risques de te perdre. Prend la carte de la ville, tu seras mieux préparé à avancer dans la jungle citadine. Quoi, tu y vas ? Comme l’enfant qui quitte sa maisonnée parentale ? Tu pars et me laisse ? Ah ! Joie, tu vas pouvoir enfin te débarrasser de moi, ton seul et unique encombrant parent. Finit les hideux cartables, les hideux appareils dentaires, les opérations de jeunesse à l’hôpital, les moqueries des camarades, finit les malheurs du « travaille, dors, viens manger, fais ton lit, aspire ta chambre ». Oui, enfin, tu pars en dansant, en levant haut les bras et les mains et en claquant fort ces dernières de joie et de gaité : je te comprends : délivrée ! Libérée ! C’est ça qu’il te fallait, enfant de l’amour qui s’ignore !

Bon, bien sûr, quant à moi, vieille moquette sans grande utilité, j’ornerai la devanture des portes et servirait au moins à nettoyer les semelles des chaussures, car je servirai aussi de paillasson, tant qu’à être vieille moquette, autant être aussi vieux paillasson. Si ! Mon heure a sonné ! Ne te retourne pas : quitte à jamais ton grand-père fourbu, petite ! Ne reviens que pour lui jouer une mélodie sur ton instrument, ne reviens que pour le guérir avec tes harmonies et tes mains capables de mille choses artistiques ou plus pragmatiques : tu me feras de la soupe aux pommes de terre et tu me coudras des tapis vénitiens, byzantins et indiens, apportes moi aussi des posters de cette femme adorable qui passe régulièrement à la télé, ça complémentera la télévision et les mots croisés, et les séries à l’eau de rose,

Joie, allégresse d’un souvenir, le chemin que prend ma petite fille est plein de carrefours et de piments pour les esprits échaudés et assoiffés de vie grande et superbe à la fois. Elle court, elle court, et traverse la vie tellement qu’on dirait qu’elle fait le grand huit en permanence alors que ce n’est rien que son esprit vif et intelligent. Elle rêve de douceurs aussi avec un ami, qui deviendra son aimé. Tous les deux ils mettront ensemble leurs mains dans l’eau de la mer lagon, en plein pacifique spatial et lunaire à la fois, mains serrés l’une dans l’autre, yeux se mirant, yeux d’époux ou d’amants, ils seront encore jeunes et laborieux, mais astucieux, O combien astucieux, car ma petite fille à moi, on ne la lui fait pas, non, c’est une grande héroïne, une colonne dont le sommet atteint vaillamment l’azur, une fleur dont la tige s’allonge toujours, une herbe folle qui s’accroche et qu’aucune, non qu’aucune tondeuse à gazon ne peut couper, une herbe folle, une mauvaise herbe, armée pour la défense, pleine d’une ardente armure comme les chevaliers, pleine d’une allégresse qui fait tourner les têtes et aimer les âmes tendres, reine maléfique, dieu merci, reine rieuse, reine joueuse, reine câline tantôt, mariage foisonnant de mini-caractères qui s’entremêlent les uns les autres en un labyrinthe parfait sorti tout du cerveau d’un génie humain, maîtresse du jeu toujours, ferme comme un lion dans la jungle vu qu’elle a une ample tignasse rousse d’ailleurs, lionne des savanes urbaines dans les métropoles européennes, oui, vous la verrez avec la carte que je lui ai confiée chercher sa route, elle l’apatride, elle la femme aux semelles de vent !