Où avons-nous atterris ? Ah ! Bien bas mes amis ! Je ne peux que déplorer une telle situation où même la mer n’accepte plus les voileux. C’est la désespérance absolue, je ne sais plus nager : l’océan non plus d’ailleurs et là est le problème. Le soleil brille de mille étés fleuris certes, mais ses rayons s’amenuisent comme des poumons à bout de souffle. Et c’est dans cette tristesse fine comme l’argile qu’on nous demande d’être heureux et riants. N’est-ce pas dommageable ? Le bienfait tout de même est que tout est apaisant et, mot redoublé, bienfaisant, justement. Tout est d’une lenteur implacable, en plus il est tard et j’aurais du aller me coucher bien avant : oui, je suis fautif d’au moins ça : je ne me suis pas couché de bonne heure : Ave Marcel Proust plus que César dans ce cas. Dans les froides ténèbres et la froide misère, sorte de Cour des Miracles réhabilitée au cœur de Saint-Germain-Des-Prés où les fachos de riches crient dès lors au scandale (c’est drôle ça non ? Car, eh oui, c’est pour rire). Pleurs du germanopratin à l’épilogue de sa vie, dans le chic hôpital. Il n’entend plus, ne voit plus, bientôt il sombrera, non pas dans un sombrero mexicain, ce qui aurait été formidable et rigolo (avec un cactus à coté et un selfie d’occasion), non, il verra sa souffrance en ses yeux fermés le germanopratin si condamnable, là, lui qui n’a pas choisi la cabane de Bambous en Afrique comme la chanteuse France Gall, lui qui a préféré les appétits et la fausse langue tendue de Paris et de ses beaux quartiers, oui, dans sa fin de vie, il ne verra plus que mornes et mornes, et mornes plaines encor’. Il meurt encore un peu plus. Sa respiration s’estompe, n’est déjà presque plus rien qu’une légère sifflade en forme de petit souffle de rossignol gris de vieillesse et de malédictions en tous genre, enfer, pleurs et peur du néant engloutissant, souffrance et agonie accompagnent le dernier râle médicalement et diagnostiquement inguérissable : ainsi périt ce germanopratin que j’ai inventé pour la circonstance. Et le voilà mûr pour la tombe au Père-Lachaise ou ailleurs ;

Triste quand même, de voir notre belle capitale sous ce mini-angle que je grossis un peu du point de vue du trait, triste oui.

Mieux vaut encore aller faire un tour du coté de Venise, on y meurt au milieu du tourisme grandissant et des pollueurs pas payeurs… Non, évacuons Venise qui menace de sombrer climatiquement et touristiquement parlant, comme Saint-Tropez depuis longtemps a sombré elle aussi.

Mais qui n’a pas sombré dans mon poème ainsi écrit me demanderez-vous ? Eh bien, voyons, Ce sont la paix des anges et des cieux, et des herbes grasses, et des Mers souverainement grandes, ce sont les horizons imperceptibles aux petits insectes que nous sommes, et qui sourient à la vie qui nous entoure, et qui vibrent aux orchestres du monde, et qui sonnent leur triomphe aux mille floraisons et parfums que portent les plantes et la terre qui leur donne vie, et tant d’autres choses, mais la vie s’endort, déjà, comme un tendre nouveau-né dans son berceau, qui lui est l’horizon intouché encor par la mystérieuse vie, oui, si longue, si tendre et si mystérieuse vie, si murmurante de mots de cœurs et d’amour, si chuchotante de baisers et de bisous et de caresses vénérées des puissantes femmes.